En octobre 2014, un soulèvement populaire massif a destitué le président de longue date du Burkina Faso, Blaise Compaoré, et conduit à une transition menée par des civils, laquelle a abouti à des élections libres et équitables en novembre 2015. Ce rapport illustre l’importance de la culture nationale du dialogue et du consensus et les avantages d’un vaste et solide réseau entre les groupes de négociation. Bien que la violence dans le pays ait augmenté depuis lors, les enseignements tirés de la transition au Burkina Faso peuvent être d’une aide précieuse pour guider les efforts de mobilisation populaire, les négociations et les perspectives de paix et de démocratie à long terme dans d’autres contextes.

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Women take part in a rally in Ouagadougou, Burkina Faso, on October 27, 2014, opposing President Blaise Compaoré’s attempt to seek another term. (Theo Renaut/AP)
Des femmes participent à un rassemblement à Ouagadougou au Burkina Faso, le 27 octobre 2014, en opposition à la tentative du président Blaise Compaoré de briguer un nouveau mandat. (Theo Renaut/AP)

Résumé

  • En octobre 2014, un soulèvement populaire a contraint le président du Burkina Faso Blaise Compaoré à démissionner, après qu’il ait tenté d’abroger les limites constitutionnelles l’empêchant de briguer un cinquième mandat.
  • La mobilisation populaire a alors perduré, façonnant la transition qui a suivi et contribuant à la mise en œuvre de profondes réformes. Cette transition a été facilitée par une culture du dialogue et du consensus, de même que par l’existence d’un vaste et solide réseau entre les groupes en négociation.
  • À la lumière de tels événements, plusieurs recommandations peuvent être formulées. Tous les acteurs devraient encourager une culture du dialogue et aider à la construction de réseaux entre les parties prenantes, bien avant l’apparition d’une mobilisation populaire.
  • Une transition précipitée privilégiant l’organisation rapide d’élections peut être moins souhaitable qu’une transition plus longue et plus ambitieuse qui entendrait remédier aux défaillances profondes de l’ancien système.
  • Les acteurs internationaux devraient soutenir les priorités définies par les forces nationales et adopter une approche spécifique au contexte.
  • Les parties prenantes doivent anticiper l’émergence de saboteurs susceptibles de vouloir inverser le processus de transition, et élaborer des stratégies en conséquence.
  • Enfin, les mouvements doivent se préparer à et se prémunir contre l’inévitable perte d’élan qui suivra leurs premiers succès.

À propos du rapport

Ce rapport examine la manière dont, en 2014-2015, des processus d’action non-violente et de négociation ont favorisé une transition démocratique pacifique qui semblait peu probable au Burkina Faso. Le rapport s’appuie sur des recherches approfondies et des entretiens avec des personnalités clés de la transition, parmi lesquelles des dirigeants politiques et des militants de la société civile ; il a été financé par le projet « Pouvoir populaire, processus de paix et démocratisation », une initiative conjointe des programmes Action non violente et Processus de paix inclusifs du United States Institute of Peace.

À propos de l’autrice

Eloïse Bertrand est Early Career Fellow à l’Institut d’études avancées de l’université de Warwick, où elle a récemment obtenu son doctorat en politique et études internationales. Ses recherches portent sur les politiques partisanes, la démocratisation et les institutions en Afrique subsaharienne, en particulier au Burkina Faso et en Ouganda. Elle a co-écrit A Dictionary of African Politics, publié en 2019 par Oxford University Press.

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